Il y a des gens qui vivent dans le temps long sans forcément se le dire.
Les lissières d’Aubusson, les bergers et éleveuses du Béarn.
Un geste dure une seconde – une passée, un fil, une main qui passe – et derrière, l’œuvre peut prendre trois ans, cinq ans, parfois plus. Et certaines tapisseries ont déjà traversé des siècles. Certains chemins de transhumance aussi. C’est de là que part tout le travail de Stella Cohen Hadria.
Comment vit-on, tantôt tiraillé, tantôt ballotté, tantôt bercé, par des temporalités qui ne se ressemblent pas et qui pourtant coexistent en nous ?
Depuis 2021, elle collecte ces paroles. En Creuse d’abord, auprès des lissières.
En Béarn ensuite, auprès des bergers, éleveuses, artisanes de la laine. Elle écoute ce qu’ils disent, les “entours” du discours, en tire des cellules, en écrit de la musique pour chœur parlé-chanté accompagné par exemple par la musicienne électroacoustique Gwennaëlle Roulleau. Ce que les gens vivent devient matière sonore. Ce qu’ils portent devient quelque chose qui peut se partager. Le projet grandit par résidences, par rencontres, par endroits traversés. Toujours ancré dans un territoire, toujours renouvelé selon le lieu.
Ce sont les voix d’ici qu’on entend, les artistes d’ici qui interprètent. Ce qui est proposé au public, que ce soit lors d’une parade costumée chantée ou lors d’un concert performance au milieu d’installation filaire, est un temps suspendu. La performance d’une équipe chorale qui installe dans le présent tout en ouvrant vers d’autres temps.
CRÉATION
19/09/2026 > Le Bel Ordinaire / BILLÈRE (64)
DIFFUSION
24/10/2026 > Théâtre Jean Lurçat / FELLETIN (23)