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Delphine Hecquet pour Cie Magique-Circonstancielle

LES ÉVAPORÉS


Chaque année, 100 000 japonais s’évaporent sans laisser de trace, le plus souvent pour sortir de situations inextricables, dans lesquelles interviennent le déshonneur, la honte, la rupture avec les codes de la société. Johatsu, le mot japonais pour dire évaporé, comporte la même teneur symbolique qu’en français : il signifie la disparition et désigne aussi le passage de l’état liquide à l’état gazeux. S’évaporer ce n’est donc pas disparaître, c’est se transformer, devenir autre, se métamorphoser, c’est un passage d’une identité à une autre. Alors qu’est-ce que c’est qu’être soi, si on ne parvient jamais à être, et qu’on devient ? À travers le personnage d’un journaliste français enquêtant sur ce phénomène, la pièce raconte la quête presque impossible de l’identité, l’attente des familles d’évaporés et la trace qu’on laisse de soi. Delphine Hecquet a commencé l’écriture de la pièce au plateau, à partir d’improvisations des acteurs, de leur imaginaire et de leur propre histoire, eux qui ont un jour décidé de quitter le Japon. L’écriture se poursuivra lors d’une résidence à La Chartreuse et le spectacle sera créé pendant la saison 2017-2018.

Formée au Conservatoire de Bordeaux puis au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique (promotion 2011), Delphine Hecquet travaille ensuite avec Jacques Osinski, Julie Duclos et Joris Lacoste, et au cinéma avec Eugène Green et Bruno Ballouard. En 2012, à Moscou, elle écrit une pièce pour 3 interprètes, Balakat, qui interroge la naissance et la possibilité de l’écriture. Créée à La Loge (Paris) en septembre 2014, Balakat a été sélectionnée au festival Impatience 2015.